Powered by
WordPress
  • Structures de la chaleur et de la violence

    Le soleil est chaud sur mon visage au port, et je ne lui fais pas confiance.La lumière de plein hiver n’a rien à faire d’être aussi douce.Le fleuve est gelé assez dur pour refuser le reflet, pour tenir sa surface sans profondeur.La glace serre tout en place.Et pourtant, le soleil presse contre ma peau, insistant,…

  • Déraciné

    Le matin après les élections, la ville semble inchangée. Rues sèches, air cassant, feuilles plaquées contre l’asphalte. Un joggeur passe, son souffle formant une buée dans le froid, et quelque part, une alarme de voiture démarre puis s’arrête. Montréal poursuit sa routine avec la précision d’une mémoire musculaire. C’est une ville qui sait déguiser le…

  • Il n’y a pas de mot pour ce deuil

    Je n’étais pas censé écrire ça. Je devrais travailler à mon examen de synthèse. Écrire sur la temporalité, sur la santé, sur la manière dont les personnes noires et queer prennent soin les unes des autres à contretemps, dans un monde qui n’a jamais pensé notre survie. Je devrais offrir de la thérapie, tenir de…

  • Comment partir sans offrir ton corps comme preuve

    pour celleux qui partent avant de s’écrouler Il y a des jours où rester coûte trop cher.Où être là n’est plus un geste de soin, mais un sacrifice. Ton souffle se raccourcit.  Ta mâchoire se serre.  Ton écran t’agresse.  Et ta voix, quand tu la trouves, semble flotter dans le vide.On t’a appris à justifier…

  • Le mauvais deuil

    Qui a le droit de pleurer en public — et qui ne l’a pas C’était calme au début. Juste quelques-un·es d’entre nous, allongé·es sur le béton froid devant l’Université McGill Keffiehs pliés. Corps disposés non pas pour le spectacle, mais pour le deuil.Le die-in n’était pas fait pour devenir viral. Il voulait dire ce que…

  • Ce que la blancheur pleure quand une plantation brûle

    Quand la plantation Nottoway a brûlé, ce n’est pas juste un bâtiment qui s’est effondré — c’est tout un fantasme blanc qui est parti en fumée. Et dans les cendres, quelque chose est remonté à la surface : une tristesse blanche. Pas pour les personnes réduites en esclavage. Pas pour les vies brisées sur cette…

  • Fantasmes d’indépendance et vérités coloniales

    L’Alberta veut se séparer. Encore. Et cette fois, c’est plus bruyant que d’habitude. Le dernier retour en force du séparatisme de l’Ouest — que certain·es commencent à brandir comme un vrai projet de référendum — prend de l’ampleur. Des politicien·nes testent le terrain. La première ministre ne l’écarte pas. Et, sans surprise, on ressort le…

  • Après l’élection : Aucun salut, aucune victoire, seulement notre travail

    Ce soir, l’élection a confirmé ce que nous savons déjà : ce pays est en train de se désagréger sous son propre poids. Mark Carney, incarnation du capitalisme financier maquillé en stabilité, a remporté un gouvernement minoritaire. Non pas par enthousiasme populaire, mais parce que beaucoup ont eu peur de lâcher la dernière illusion d’ordre.…

  • Quand les institutions demandent notre travail mais pas nos voix

    Il y a une forme d’épuisement particulière à être invité dans un espace, pour réaliser que ce qui était prioritaire, c’était votre présence, pas votre voix. L’attente était que vous soyez là, que vous remplissiez le quota, que vous soyez sur le panel, que vous fassiez briller l’institution—sans remettre en question sa structure, sans exiger…

  • Quand l’absence parle: Responsabilité, disparition et le poids des relations non réciproques

    Il y a des absences qui pèsent plus lourd que les présences. Des silences qui ne marquent pas seulement une distance, mais une rupture. Une confirmation de quelque chose qu’on savait déjà, sans encore l’avoir dit à voix haute. Toutes les blessures ne sont pas bruyantes. Parfois, la trahison se glisse dans les non-dits. Parfois,…